Perso + MUST Chroniques Agricoles : Philippe GENET: du grain au pain

 En me sédentarisant en 1998 après 14 ans de voyage je créais un potager Bio et commençais de remonter le temps avec mes recherches en Histoire sur les traces des Levantins …

Ce qui m’amena à écrire mon texte fondateur devenu conférence en 2005 « L’Agriculture premier vecteur de civilisation et de santé« , publié en feuilleton dans les 3 premiers n° du Guetteur de l’Aube : 

« D’après l’histoire officielle, tout commencerait il y a près de 20 000 ans, alors que la dernière période glaciaire bat son plein, le climat tempéré du Moyen-Orient en fait un Paradis…

 Sur les bords du lac de Tibériade en Palestine, 17 000 ans avant Jésus-Christ, les chasseurs-cueilleurs récoltent blé et orge sauvages et inventent la meule dans leurs « camps d’été ». Afin de s’assurer des réserves de grains pour l’été suivant en attendant la période de cueillette, tel un trésor, les grains sont enterrés. Ô surprise, de retour l’été suivant, comme par magie ces graines enfouies sont recouvertes des mêmes plantes que celles qui les portaient et en grattant la terre pour les déterrer, il n’y a plus de grains mais seulement des racines… L’agriculture est née !
Transformées en farine, les céréales sauvages deviennent, avec la viande de la chasse, l’aliment de base de ces semi-nomades. 10 000 ans avant J.-C., les huttes rondes à murs de pierre et bases enterrées sont devenues fréquentes au Levant (côtes de Syrie, Liban et Israël), autorisant le stockage des céréales sauvages, première étape vers la sédentarisation.
Vers 8 000 avant J.-C., le semis intentionnel des plus gros grains permet les débuts de l’agriculture et très vite la sélection des meilleures semences donne de plus gros épis lors de la récolte suivante.
En séparant le grain à moudre du grain à semer (les plus gros épis) origine de l’épargne,
ainsi naquit  l’économie fondée sur l’épargne.

Bien avant le chien, le meilleur ami de l’homme est le chanvre cette plante aux graines oléagineuses très nutritives et aux multiples usages que développeront les générations à venir (corde, tissus, …).

L’agriculture va permettre la sédentarisation qui enracinera la culture nomade des chasseurs-cueilleurs, donnant naissance à la civilisation.

L’agriculture et l’élevage font sortir les déesses de la fertilité de la nuit des grottes pour développer un culte de la Terre-Mère auquel viendra s’adjoindre son pendant masculin le Dieu-Soleil, père nourricier. Celui-ci par ses chauds rayons lumineux pénètre la terre et permet la croissance des végétaux (la photosynthèse) fournissant la nourriture. Par dessus tout, le Dieu soleil produit la future semence qui en perpétuant la vie assure la survie de la communauté pour l’année à venir. Ainsi naît la religion reliant l’homme à la terre et au ciel, en un axe vertical porteur d’élévation spirituelle.

 Le rapprochement des naissances qu’autorise l’autosuffisance alimentaire sur-place entraîne une explosion démographique interdite aux nomades chasseurs-cueilleurs qu’un grand nombre d’enfants en bas âge freinait dans leur traque incessante du gibier. La révolution du néolithique (– 10000 à – 1000 av. J.-C.) avec la sédentarisation et l’élevage renforce la notion de territoire en donnant naissance au sens de propriété par la valeur ajoutée que connaissent les terres mises en cultures.

 Les villageois sont protégés matériellement par des guerriers menés par un chef et spirituellement guidés par des prêtres guérisseurs sous l’égide d’un pontife. L’agriculture donne ainsi naissance à la civilisation et organise la société en castes ou classes hiérarchisées tout en fondant l’économie sur le principe de l’épargne d’une partie des récoltes pour le réensemencement l’année suivante. Les mariages renforcent la notion d’alliance au sein des clans d’éleveurs nomades pour maintenir la paix menacée par les querelles de territoires (pâturages, points d’eau, …).

 La sédentarisation favorise le perfectionnement des savoir-faire et les artisans nourris par les « nouveaux paysans » inventent alors la technologie à commencer par la poterie pour conserver les aliments, la femme se découvre un nouveau pouvoir sur l’homme : la bonne cuisine… Reconnaissance du ventre oblige, elle s’attache ainsi un géniteur facilement volage !

 Puis un potier découvrant un jour un pigment d’un joli vert décide de l’appliquer pour en décorer son pot avant cuisson. Quelle n’est pas sa surprise au sortir du « four » de découvrir une coulure dorée à la place de son pigment vert qui n’était autre que du cuivre mère…
La métallurgie est née, l’Âge du Cuivre est la première étape de l’Âge des Métaux ! »
extrait de https://eveilleursdelaube.fr/edito-n-1/

Je comprenais alors d’autant mieux pourquoi le grand Goethe (maître à penser de Rudolf Steiner) était également un agronome doté d’une serre lui permettant d’observer de près la genèse agricole, si riche d’enseignement.

D’où ce témoignage plein de bon sens de la part de ce jeune agriculteur d’origine urbaine, qui après un parcours universitaire vide de sens l’amena à une prise de conscience, à l’origine de son changement de trajectoire fort inspirant.

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