Une octogénaire meurt enfermée dans sa Volkswagen à Quimperlé, verrouillée par le système « Safelock ». Ses enfants alertent sur ce dispositif méconnu.

Une octogénaire retrouvée morte, piégée dans sa voiture par un système de verrouillage
Le 13 août 2026, une femme de 83 ans a été découverte sans vie dans sa Volkswagen Polo, garée devant son domicile dans une commune du pays de Quimperlé, dans le Finistère. Le véhicule était équipé du dispositif « Safelock », un système anti-effraction qui empêche l’ouverture des portes depuis l’intérieur une fois activé. Ses enfants témoignent aujourd’hui pour alerter sur les dangers de ce mécanisme, encore peu connu du grand public.
Une disparition inquiétante
Le jeudi 13 août, une femme devait retrouver sa fille et sa petite-fille à la gare, de retour d’un voyage, relate Ouest-France. Mais depuis deux jours, l’octogénaire ne répondait plus aux messages de ses proches, une absence jugée anormale par sa famille, qui la décrit comme une personne toujours attentive et disponible.
Inquiète, sa fille a alerté un proche, qui s’est rendu sur place. Accompagné de plusieurs voisins, il a découvert la retraitée sans vie, à l’intérieur de sa voiture verrouillée, à quelques mètres de son domicile. Les secours et les gendarmes ont immédiatement été prévenus.
Un mot déchirant retrouvé dans le véhicule
Sur place, les enquêteurs ont retrouvé un message manuscrit laissé par la victime : elle y expliquait être enfermée, avoir tenté d’attirer l’attention en actionnant la radio à plein volume, sans succès, puis avoir essayé de briser une vitre, en vain. Son téléphone portable, resté sur la table de la cuisine, indiquait un dernier appel passé le mardi 11 août vers 11h10.
Ce jour-là, les températures atteignaient environ 35°C. Selon son fils, même le klaxon du véhicule restait inutilisable, verrouillé par le même système. La fin du message, difficilement lisible, laisserait entendre que la victime tentait d’indiquer où se trouvait la clé de secours, restée dans la maison.
Le système « Safelock » pointé du doigt
Les gendarmes de Quimperlé ont entendu le frère et la sœur le lendemain de la découverte du corps. C’est à cette occasion que la famille aurait appris l’existence du dispositif « Safelock », installé sur la Polo achetée douze ans plus tôt. Ce mécanisme, destiné à prévenir les intrusions, bloque l’ouverture des portières de l’intérieur lorsqu’il est activé, un fonctionnement que peu d’automobilistes connaissent selon les proches de la victime.
La famille indique que la retraitée se plaignait déjà de dysfonctionnements avec son véhicule avant le drame. Une plainte a été déposée contre le constructeur automobile afin d’obtenir une expertise technique de la voiture. Le parquet de Quimper a toutefois classé l’affaire sans suite le 24 août, sans qu’aucune expertise du véhicule n’ait été réalisée.
Contacté, le constructeur a indiqué qu’en l’absence d’expertise, il ne pouvait pas commenter les circonstances précises du décès, tout en qualifiant l’événement d’incident tragique.
D’autres cas similaires recensés
Le frère et la sœur affirment avoir recensé, en menant leurs propres recherches, d’autres situations comparables impliquant ce type de système de verrouillage. Ils estiment que le grand public ignore largement le risque mortel que peut représenter ce dispositif en cas de panne ou de dysfonctionnement. Depuis ce drame, l’un des proches a pris l’habitude de conserver un marteau de secours dans son véhicule.
Les enfants décrivent une mère autonome, organisée et en bonne santé, qui avait prévu de partir en vacances avec ses petites-filles la semaine suivant sa mort.

