Sans cette sagesse au coeur nous ne pouvons agir depuis le coeur…
Parce que la vie monastique éloigne du tumulte du monde, un moine ne peut que prier et accueillir pour des retraites les blessés de la vie.
Ce retrait du monde permet aux moines de tenir leur voeux de chasteté, alors que le clergé séculier est tenu quant à lui par un voeux de célibat, comme le savent mes lecteurs.
Il n’en demeure pas moins que le retrait du monde est nécessaire pour prendre du recul.
Comme en témoigne la vie de moine-chevalier à laquelle fut contraint l’auteur d’ https://eveilleursdelaube.fr/, pour vous informer de ce que les moines de toutes les religions continuent d’ignorer… 😉
« Soyez dans le monde, mais ne soyez pas du monde » J-C
Un homme demanda un jour à un vieux moine bouddhiste :
« Comment puis-je me permettre de ressentir la paix et le bonheur alors que le monde est rempli de souffrance, d’injustice, de douleur et de chaos ? »
Le moine le regarda en silence et demanda :
« Si votre maison était plongée dans l’obscurité… refuseriez-vous d’allumer une bougie sous prétexte que le monde entier n’est pas encore éclairé ? »
L’homme resta silencieux.
Le moine poursuivit :
« La souffrance du monde est bien réelle.
Mais si vous détruisez complètement votre propre paix intérieure, vous ne faites que créer un être humain de plus, épuisé et désespéré. »
L’homme répliqua :
« Mais n’est-il pas égoïste d’être heureux quand les autres souffrent ? »
Le moine sourit doucement.
« Une personne qui se noie ne peut sauver une autre personne qui se noie.
Les personnes paisibles guérissent davantage que les personnes brisées et consumées par le désespoir. »
Puis le moine désigna un étang voisin.
« Quand l’eau est agitée, elle ne reflète pas clairement.
Mais quand elle est calme, tout devient visible. »
Il se tourna vers l’homme et dit :
« Il en va de même pour l’esprit.
Un esprit agité réagit par la peur, la colère et le désespoir.
Un esprit paisible répond par la sagesse, la compassion et la lucidité. »
L’homme baissa la tête et murmura :
« Mais le monde me paraît encore si lourd. »
Le moine acquiesça.
« Oui.
Et c’est pourquoi ta paix est d’autant plus précieuse. »
Puis il ajouta doucement :
« Ne porte pas la douleur du monde entier dans ton cœur.
Au contraire…
Sois bienveillant là où tu es.
Aide là où tu le peux.
Parle avec douceur.
Réduis la souffrance autour de toi, même par de petits gestes.
Une simple bougie ne peut dissiper toutes les ténèbres… mais elle transforme l’atmosphère de la pièce qu’elle éclaire. »
Dans le bouddhisme, le bonheur ne consiste pas à ignorer la souffrance.
Il s’agit d’apprendre à rester compatissant sans laisser la souffrance du monde détruire complètement ton esprit.
Le moine sourit une dernière fois et dit :
« Préservez votre paix intérieure.
Le monde a besoin de cœurs apaisés, pas d’esprits brisés. »

