Fwd: Tous les soirs, je mange le Tilleul du voisin

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un pharmacien français encourageait la consommation de “farine verte” (de la poudre de feuilles de Tilleul séchées) incorporée aux pains, galettes, etc.

Son objectif était de lutter contre les graves carences de la population française que l’Allemagne nazie tentait d’affamer.

En effet, les feuilles et fleurs de Tilleul sont réputées très riches en minéraux, protéines et micronutriments variés.

Bref, un super-aliment sauvage gratuit (comme la majorité des plantes sauvages comestibles) !

Mais pour en profiter, tu dois d’abord être capable de l’identifier.

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Salut Camarade,

Tous les soirs, j’ai une routine bien ancrée.

J’emmène ma chienne se promener dans la montagne en face de ma BAD.

Depuis le temps, elle s’est faite quelques amies. 

 

 

Sur le chemin, je passe devant l’énorme tilleul du voisin.

J’attrape 3 ou 4 feuilles, je les enroule et je les mâche longuement.

 

 

Exactement comme si c’était un chewing-gum.

Des feuilles de Tilleul crues, en “chewing-gum”

Les Tilleuls font partie des rares arbres comestibles.

La plupart des arbres ont des feuilles très fibreuses, astringentes et limite toxiques.

Mais celles des Tilleuls sont tendres, très peu fibreuses, avec un goût presque sucré.

Et surtout, elles sont riches en mucilage, une substance qui devient gélatineuse au contact de l’eau (ou de la salive) !

C’est pour ça que j’aime les mâcher comme un chewing-gum.

C’est exactement la même substance que tu retrouves dans les plantains, les graines de lin ou de chia.

Mais en plus d’être très agréables à manger et d’avoir un goût doux et sucré, les feuilles de Tilleul sont aussi bourrées de minéraux et nutriments.

Un complément alimentaire en temps de guerre

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un pharmacien français encourageait la consommation de “farine verte” (de la poudre de feuilles de Tilleul séchées) incorporée aux pains, galettes, etc.

Son objectif était de lutter contre les graves carences de la population française que l’Allemagne nazie tentait d’affamer.

En effet, les feuilles et fleurs de Tilleul sont réputées très riches en minéraux, protéines et micronutriments variés.

Bref, un super-aliment sauvage gratuit (comme la majorité des plantes sauvages comestibles) !

Mais pour en profiter, tu dois d’abord être capable de l’identifier.

Comment reconnaître à coup sûr un Tilleul ?

Les Tilleuls (Tilia spp.) sont un genre dans lequel on trouve plusieurs espèces, toutes comestibles et aux propriétés proches.

Leurs feuilles sont caduques, très larges, dentées sur les bords et acuminées, c’est-à-dire pointues au sommet.

Tu peux aussi observer des petites touffes de poils sur la face inférieure des feuilles, aux intersections des nervures.

Mais pour les reconnaître facilement, je t’ai fait une liste des principaux critères d’identification :

  • Écorce crevassée ;
  • Feuilles très larges et ovales/arrondies, légèrement velues et douces au toucher ;
  • Feuilles légèrement asymétriques à la base, dentées et acuminées ;
  • Jeunes feuilles translucides et vert clair ;
  • Feuilles développées opaques et vert foncé ;
  • Inflorescences composées d’une bractée et d’un pédoncule ;
  • Fruits en petites capsules ;
  • Texture mucilagineuse “gluante” et goût doux.

 

Avec ça, tu devrais rapidement repérer un Tilleul autour de chez toi, cherche en priorité dans les vieux jardins et au bord des chemins.

Et si tu as le moindre doute, tu auras la réponse en mâchant les feuilles : s’il y a un goût très astringent et désagréable, ce n’est pas un Tilleul (recrache).

Maintenant que c’est fait, voici quelques idées pour le manger !

Comment manger les Tilleuls ?

Les jeunes feuilles encore translucides sont très tendres et se mangent crues, sur place comme je te l’expliquais au début, ou en salade.

Tu peux préparer une salade 100% Tilleul, ou les mélanger à des feuilles de pissenlits, Égopode, porcelles, salades cultivées…

Les feuilles plus développées sont un peu plus coriaces et se mangent cuites rapidement à la vapeur ou blanchies à l’eau bouillante.

Mais personnellement, même crues, je trouve les grandes feuilles du Tilleul de mon voisin encore agréables.

Tu peux aussi tester les feuilles de Tilleul lacto-fermentées !

Le principe est le même que pour les légumes, je l’ai déjà appliqué aux feuilles de Berce des prés 🙂

Du côté des petits fruits (graines), ils peuvent se préparer en “pickles” lacto-fermentés, dans du vinaigre lorsqu’ils sont encore verts, ou remplacer du café lorsqu’ils sont déjà secs.

 

 

Le principe est le même que pour les racines de pissenlits, tu dois les moudre puis laisser infuser.

Je n’ai pas encore essayé, mais c’est sur ma liste, je serais curieux de savoir si tu l’as déjà fait 🙂

Par contre, une technique que j’ai déjà largement utilisée et validée, c’est le séchage des feuilles pour préparer une “farine verte”.

Après les feuilles crues, c’est le moyen que j’utilise le plus pour consommer le Tilleul !

La poudre de Tilleul : “Farine verte”

La “farine verte”, c’est une poudre de feuilles de Tilleul séchées, super facile à réaliser !

Sélectionne les plus belles feuilles (jeunes ou déjà bien développées) et étale-les en couches très fines sur des claies ou du papier journal.

Choisis un lieu de séchage à l’abri de la lumière directe, bien aéré et sec, comme un grenier, une armoire de cuisine ou même un couloir (les feuilles ont une odeur agréable, ça ne posera aucun problème).

Les claies sont pratiques, tu peux les superposer et elles permettent à l’air de bien circuler pour éviter le pourrissement des feuilles.

 

(la photo n’est pas de moi, mais de de Véronique Vaudable)

J’ai prévu d’en installer dans mon grenier, mais en attendant, j’ai simplement étalé ma récolte sur du papier journal.

Ça demande pas mal de place, mais mon grenier est bien aéré et quand il fait chaud le séchage prend environ 48h.

 

(à gauche, des feuilles fraîches ; à droite, des feuilles sèches)

Une fois sèches, stocke les feuilles entières dans un sac en toile ou papier et place-les dans un endroit sec et ombragé.

Ne les réduis en poudre qu’au dernier moment, juste avant de les utiliser !

Pulvérisées, les feuilles perdent plus rapidement leurs propriétés.

Pour les réduire en poudre, j’utilise un mixeur électrique en faisant attention à ne pas “chauffer” les feuilles, mais un moulin manuel fonctionne très bien.
 

 

Dès qu’elles sont pulvérisées, les feuilles dégagent une très bonne odeur mielleuse qui me fait penser au thé et qui, étonnement, est assez forte.

Au bout de plusieurs pulvérisations, elle peut même devenir un peu entêtante.

J’utilise cette “farine verte” dans plein de recettes, pour couper la farine normale.

Par exemple, pour une recette qui demande 200 g de farine, je vais mettre 150 g de farine de blé et 50 g (ou moins) de “farine verte”.

Attention, si tu remplaces une trop grande partie de la farine de blé par de la poudre de Tilleul, ça risque de ne pas fonctionner, il n’y a pas de gluten dans les feuilles.

La recette que j’utilise le plus, c’est celle des crêpes ou des sablés bretons :

 

 

Je l’ajoute aussi parfois à ma pâte à pain, pour obtenir un pain original au Tilleul, avec une mie verte 😉

 

 

 

Prépare-toi !

Antoine,
Apprendre Préparer (Sur)vivre

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